L’académie de jazz de France depuis 1955

ESCOUDÉ Christian (1975)

Lauréat en 1975

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Antibes - Juan-les-Pins, juillet 1983.
© photo Jacques Bisceglia

Guitariste français (Angoulême, 23-9-1947).

Un père et un oncle (Gousti Malha) guitaristes lui apprennent la guitare dès dix ans. Cinq ans plus tard, il travaille en professionnel, jouant plusieurs années dans la région d’Angoulême, notamment dans les bases américaines. Il est engagé chez Aimé Barelli (1968-71) à Monte-Carlo. Fin 1971, c’est la « montée » à Paris - où il ne connaît personne. Il va faire le bœuf dans les clubs et remplace un guitariste dans un bal musette. En 1972, au Jazz Inn, il rencontre Eddy Louiss qui l’engage pour créer un trio avec Bernard Lubat puis Aldo Romano. Là, il rencontre aussi Steve Potts et, en 1973, il entre dans son groupe Recent History. En 1973-74, il forme un trio avec le bassiste Gus Nemeth et le batteur Christian Lété. En 1975-76, il rejoint le groupe de Didier Levallet Confluence (1974-80), puis le Swing String System, au sein duquel il jouera, sporadiquement, jusqu’en 1987. Parallèlement se forme un duo avec le violoncelliste Jean-Charles Capon. En 1976, l’Académie du jazz lui décerne son prix Django Reinhardt, tandis qu’un nouveau quartette (avec Michel Graillier, p ; Aldo Romano, dm, et Alby Cullaz, b ; puis Jean-François Jenny-Clark) prend tournure. On l’entend (en free lance) aussi bien chez Michel Portai qu’avec Slide Hampton, Martial Solal ou Jean-Claude Fohrenbach. En 1978, le Festival de Nice est pour lui l’occasion d’enregistrer avec le quartette de John Lewis et de jouer avec Stan Getz, Bill Evans, Philly Joe Jones, Freddie Hubbard, Lee Konitz, Shelly Manne, Elvin Jones... A partir de 1978, il participe presque chaque année au Festival de Samois, organisé en hommage à Django Reinhardt. En 1979, il est au Festival de Dakar, complétant le trio René Urtreger-Pierre Michelot-Daniel Humair. Eté 1980 : John McLaughlin le convie à une tournée en duo qui le conduit aux Etats-Unis, au Brésil et au Japon. En 1981, il entre dans le grand orchestre de Martial Solal. L’année suivante, il se produit dans un quartette aux côtés de Shelly Manne. De retour en France, il crée un nouveau quartette avec Olivier Hutman (claviers), Nicolas Fitzman (b, bg) et Jean My Truong (perc) - ces deux derniers seront remplacés par Jean-Marc Jaffé et Tony Rabeson. En 1983, débute un duo avec Didier Lockwood qui le conduit de nouveau aux Etats-Unis et débouche en 1984 sur un trio avec Philip Catherine. En 1985-86, après s’être produit avec Capon et Ron Carter, il forme le Trio Gitan avec Boulou Ferré et Babik Reinhardt. En 1987, il joue en duo avec Michel Graillier, avec le guitariste John Thomas, avec le Trio Gitan, puis encore avec Gapon-Carter. Début 1988 naît un nouveau quartette avec Jean-Michel Pile (claviers), François Moutin (b) et Louis Moutin (dm). L’année suivante, il forme un octette à quatre guitares (Paul Challain Ferret, Jimmy Gourley, Frédéric Sylvestre), accordéon (Marcel Azzola), violoncelle (Vincent Courtois), basse (Alby Cullaz) et batterie (Billy Hart). New York, 1990 : il joue au Village Vanguard avec Pierre Michelot, Hank Jones et le batteur Kenny Washington. Puis, entouré d’un orchestre à cordes, il enregistre onze compositions de Django Reinhardt (1991). En 1992, son Gipsy Trio (Challain Ferret, Sylvestre) s’augmente de Babik Reinhardt ou Bireli Lagrene, et l’année suivante, à Los Angeles, il enregistre entouré de Lou Levy, Bob Magnusson et Billy Higgins.
Christian Escoudé fait partie de cette petite famille de guitaristes de jazz issus du milieu manouche : à ce titre, il s’est forgé un style de guitare dans les canons du jazz bop, largement teinté d’influence tsigane. Il fait montre d’un grand sens mélodique, où pointent des inflexions « gitanes », comme le vibrato et le portamento, de beaucoup de chaleur dans le phrasé et d’une belle générosité de son. Il se signale par sa façon toute personnelle d’utiliser les arpèges sur les systèmes demi-ton/ton.

P.B. & CG.

L’Eau (1976) ; Nuages (Charlie Haden, 1978) ; « Christian Escoudé et Alby Cullaz » (1979), Gipsy’s Morning (1979) ; « Masters » (René Urtreger, 1987) ; Flambée montalbanaise (1989), Cute (1990), Diminushing (1991), « Holidays » (1992), « In L.A. » (1993) ; Hell‘s Kitchen (1994) ; At Duc des Lombards (1997)