L’académie de jazz de France depuis 1955

JEAN-MARIE Alain (1979)

Lauréat en 1979

JPEG - 46.3 ko
Alain Jean-Marie et Chucho Valdes
Jazz in MARCIAC 2008
©Philippe Etheldrède

Pianiste français (Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, 29-10-1945).

Musicien autodidacte, il commence sa carrière professionnelle dans l’orchestre de Robert Mavounzy. Il s’établit au Canada en 1967 pour trois ans avant de revenir aux Antilles. Pendant cette période et jusqu’en 1973, il se produit en trio avec le bassiste Weston Berkley et le batteur Jean-Claude Montredon. Depuis, établi à Paris, il a eu l’occasion de jouer avec un nombre considérable de musiciens : Bill Coleman, Harry Edison, Cat Anderson, Clark Terry, Eddie Davis, Barney Wilen, James Moody, Sonny Stitt, Kai Winding, Archie Shepp, Max Roach, Manda Djinn, Charles Tolliver, Christian Escoudé. En 1979, il enregistre avec le bassiste Gus Nemeth et Al Levitt, et reçoit le prix Django Reinhardt de l’Académie du jazz. Il a également réalisé un disque en duo avec Niels-Henning 0rsted Pedersen. En 1986-87, il accompagne Dee Dee Bridgewater dans le spectacle consacré à Billie Holiday, « Lady Day », et, en 1990, participe à un enregistrement d’Abbey Lincoln en compagnie de Jackie McLean, Billy Higgins et Charlie Haden. Il a également enregistré en duo avec Michel Graillier et participe régulièrement aux aventures que lui propose Patrice Caratini.
Un jeu précis, presque précieux au double sens du terme : soit un toucher délicat et un art du phrasé riche. La ligne mélodique semble s’agréger par blocs, en évolution sur des déplacements de sens subtils d’une séquence à l’autre. Une interprétation d’Alain Jean-Marie s’enveloppe par ailleurs d’un atour toujours nimbé : « C’est la couleur, la touche, la forme qui s’avouent comme telles. C’est, à la place de la chose, l’écho de la chose qui s’entend. On remarque l’ombre avant la figure qui la porte », écrit Jean-Louis Comolli. En même temps que cette parure fait toujours remarquablement écrin aux solistes, le pianiste, sans renier les caractères intrinsèques de son art, s’inscrit dans le jeu de ceux qu’il accompagne : on peut ainsi l’entendre filer un délicat tissage harmonique comme forcer un jeu plus abrupt selon ce que requiert le contexte ; d’où la raison pour laquelle Alain Jean-Marie est un partenaire abondamment sollicité.

X. D.

« Latin Alley » (avec NHOP, 1987) ; Ruthie’s Heart (Tolliver, 1988) ; You Go To My Head (Djinn, 1989) ; You Must Believe In Spring And Love (Lincoln, 1990) ; « Plays Django Reinhardt » (Escoudé, 1991) ; How Deep Is The Ocean (avec Graillier, 1991) ; « The Scene Is Clean » (Texier, 1991) ; « Dream Time », « Biguine Reflections » (1992).