L’académie de jazz de France depuis 1955

MICHELOT Pierre (1963)

Lauréat en 1963

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Jazz in Marciac, 12 août 2000.
Pierre MICHELOT ©Jacques Bisceglia

Contrebassiste, arrangeur et compositeur français (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis, 3-3-1928 / Paris 3-3-2005).

Il commence d’étudier le piano à sept ans. Au début des années 40, sa passion pour le jazz l’amène à choisir la contrebasse. Il suit alors les cours de Gaston Laugerot, de l’orchestre de l’Opéra de Paris. En 1946-47, il débute dans des orchestres amateurs et de danse et rencontre des musiciens de jazz comme le pianiste Raph Schecroun (futur Errol Parker) et Jean-Claude Fohrenbach. A partir de 1948, il ne cesse de travailler avec les meilleurs artistes français et américains : de Rex Stewart et Sidney Bechet à Dizzy Gillespie, Thelonious Monk, Lester Young, Miles Davis (1956, 1957), Bud Powell (1960-62) et Kenny Clarke. Devenu l’ami du batteur, il entre dans son orchestre et participe à ses tournées en France et en Allemagne (1949-50). Il fait partie aussi des Bebop Minstrels de Hubert Fol, des grands orchestres de Tony Proteau et Aimé Barelli. En 1953 avec Maurice Vander et Jean-Louis Viale, il participe aux dernières séances d’enregistrement de Django Reinhardt. Pilier des clubs parisiens, il joue successivement au Club Saint-Germain, au Ringside et au Blue Note, où on l’entend ensuite auprès de Stan Getz et quelques autres solistes américains de passage. Très sollicité pour le travail de studio, il réduit peu à peu ses activités en club et, à partir de 1960, travaille intensivement au sein du trio Play Bach du pianiste Jacques Loussier, avec Christian Garros (dm). Prix Django Reinhardt 1962 de l’Académie du jazz. A ses activités d’instrumentiste, il ajoute, depuis le milieu des années 50, celle d’arrangeur - il écrit pour Kenny Clarke, Chet Baker (1955) et son propre big band (1963). 1986 : il joue (de la basse et son propre rôle) dans le film « Autour de minuit » (Bertrand Tavernier). Il travaille à nouveau en trio avec Maurice Vander et Bernard Lubat à partir de la seconde moitié des années 80. En 1989, il enregistre entouré de Toots Thielemans, Pierre Blanchard, M. Vander et Billy Higgins. Puis, associé à Christian Escoudé, il se produit à New York, au Village Vanguard, avec Hank Jones et le batteur Kenny Washington (1990). En 1993, il retrouve Jones à Paris, au New Morning.
Désigné à l’unanimité comme « le meilleur contrebassiste postbop qu’ait produit l’Europe », il réunit toutes les vertus souhaitées : tempo remarquable, drive stimulant, richesse et autonomie mélodique, son volumineux et nuancé. Outre ce faisceau de qualités qui expliquent son impressionnante discographie, il a fait montre, en tant qu’arrangeur et leader de big band, d’un rare mélange d’élégance mélodique et d’efficacité swingante.

A.F. & P.C.

Sophisticated Lady (Coleman Hawkins, 1949) ; You’re A Lucky Guy (Clifford Brown, 1953) ; Afternoon In Paris (John Lewis-Sacha Distel, 1956) ; Benny Carters When Lights Are Low (K. Clarke, 1956) ; // Don’t Mean A Thing (Sidney Bechet-Martial Solal, 1957) ; Evasion de Julien (M. Davis, 1957) ; Moanin’ (Roger Guérin-Benny Golson, 1958) ; Jazz Cantata (André Hodeir, 1960) ; avec René Urtreger et Daniel Humair : Laura (1960), Ballade au Musehum (1980) ; Akkilino (1963) ; Lover Come Back To Me (Hampton Hawes-Solal, 1968) ; Star Eyes (Al Haig, 1977) ; It Could Happen To You (Eddie Davis, 1978) ; Satin Doll (Bud Freeman, 1979) ; Les Don Juan (M. Vander, 1984) ; « Bass And Bosses » (1989) ; avec Escoudé : Blues In The Closet (1990), Diminushing (1991) ; Quarte’s Fever (Lou Levy, 1993).